Partager l'article ! La sourate 18, Al-Kahf, La Caverne : 4 récits pour une leçon cruciale: Bismillâh La sourate 18, Al-Kahf, ...
Bismillâh. En quête de la bénédiction d'Allâh, nous prononçons Son Nom.
As-salâmu 'alaykum wa rahmatullâh wa barakâtuh.
Avant l’Heure, c’est pour le moment un blog. Le blog de « Jaddi Chrif ». Et Jaddi Chrif, c’est moi. Juste un grand-père qui fait de son mieux pour apprendre et comprendre sa religion, afin de l’appliquer comme il se doit.
Bismillâh
La sourate 18, Al-Kahf, La Caverne, tourne autour de 4 récits avec lesquels Allâh nous donne Ses jugements, Ses enseignements, Ses exhortations : l'histoire des gens de la Caverne, l'histoire du propriétaire des deux jardins, l'histoire de Mûsâ et Al-Khadhir, 'alayhim-as-salâm, et l'histoire de Dhul Qarnayn. Chacune de ces histoires met en scène une contradiction entre les apparences et les plans d'Allâh et montre combien les apparences ne sont pas fiables et qu'il faut revenir en permanence à l'adoration d'Allâh quelles que soient les difficultés apparentes qu'on rencontre.
Dans son magnifique livre sur l'explication de la sourate Al-Kahf*, le cheykh Abul Hasan An-Nadawiyy, rahimahullâh, a entamé une réflexion spéciale sur cette sourate parce qu'il a été fortement marqué par les hadiths authentiques qui conseillent de la lire. Le Prophète, sallallâhu ‘alayhi wa sallam, nous a effectivement recommandé de lire la sourate Al-Kahf chaque vendredi pour être protégés du messie Dajjâl, le faux messie qui viendra dans les derniers temps de l'humanité.
Amoureux de cette sourate depuis son plus jeune âge, grâce à sa mère, le cheykh Abul Hasan An-Nadawiyy l'a profondément étudiée par la suite. Dans cet ouvrage, son objectif est de mettre en évidence pourquoi notre prophète, sallallâhu 'alayhi wa sallam, a distingué la sourate Al-Kahf d'entre les 114 que compte le Coran pour la relier aux troubles de la fin des temps et au Dajjâl.
Quel trésor contient la sourate Al-Kahf qui lui donne ce statut si spécial et si important d'être à même de protéger, par la grâce d'Allâh, ceux qui la lisent et la comprennent de ces troubles si dramatiques pour l'humain ?
Tout d'abord, il faut comprendre qui est le Dajjâl.
Brièvement, le Dajjâl est mentionné dans des hadiths authentiques qui précisent certains éléments de son aspect physique mais surtout les caractéristiques de sa personnalité et de ses actes. Et le nom qu'on lui donne résume tout cela : le Dajjâl. À lui seul, ce nom nous met en garde contre le danger qui menace chez cet homme, contre ses objectifs, sa da'wâ, ses actes et son comportement. Car le mot " dajjâl " signifie en arabe le grand menteur, celui qui dissimule, qui camoufle, qui falsifie, qui trompe. Voilà son nom ! Voilà sa personnalité ! Voilà sa da'wâ et son objectif. Voilà ce qui le caractérise parmi l'ensemble des gens qui appellent au mal et qui rejettent l'islam. Tous les porte-parole de la mécréance et du désordre possèdent bien sûr ces caractéristiques-là, mais le Dajjâl annoncé va les porter à un niveau jamais atteint jusque-là, avec des méthodes et un pouvoir uniques. Il va les surclasser tous, de loin, en faisant croire que l'eau est le feu et que le feu est l'eau, que la vérité est le faux et que le faux est la vérité, que le paradis est l'enfer et que l'enfer est le paradis, que le futile est important pour être heureux et que l'important est inutile. Il va semer le trouble en mettant tout sens dessus dessous, en faisant croire ce qui n'existe pas et en faisant rejeter ce qui existe réellement. Il va parvenir à tromper les gens dans leur croyance mais aussi dans leurs perceptions sensorielles, leur vue, leur ouïe…
Et c’est justement sur le lien qui existe entre le contenu de la sourate Al-Kahf et la personnalité du Dajjâl que le cheykh An-Nadawiyy s'interroge dans son livre. Il dit au début, dans une sorte d'introduction générale, que les 4 récits n'en sont qu'un en réalité. Ils sont différents, c'est vrai, mais portent le même message, la même morale, traitent du même sujet et donnent le même enseignement : il existe et existera dans l'histoire de l'humanité 2 conceptions différentes de la vie ; les hommes adoptent l'une ou l'autre.
Pour expliquer cela, le cheykh présente un rapide développement sur les règles qui régissent ce qui existe. Ce monde est en effet soumis, dans l'extrême majorité des cas, à des règles naturelles. Les « lois de la nature », comme on les appelle. Elles organisent le monde et régissent son fonctionnement. Ce sont les causes des choses et des événements. Ces causes sont importantes car elles provoquent toujours les mêmes conséquences, et cette régularité permet les prévisions et surtout la compréhension du monde dans lequel on vit. Alors à une cause précise, il existe une conséquence précise. La caractéristique importante de ces causes et ses lois naturelles c'est qu'elles sont visibles, apparentes, concrètes, matérielles. C'est pourquoi tout le monde les reconnaît. C'est par exemple le fait de manger qui cause la disparition de la faim, ou le fait que les plaques tectoniques se déplacent qui cause les tremblements de terre. Tout le monde reconnaît ces causes. Mais c'est ensuite que les hommes se divisent en 2 groupes :
Cette conception-là a une conséquence des plus importantes. Car non seulement elle met les causes naturelles et matérielles sous la dépendance de la volonté du Créateur, mais elle offre en plus un autre système de causes qui influencent ce qui se passe dans le monde, autant à l'échelle individuelle qu’à l’échelle des peuples, d'une manière plus forte que les causes naturelles matérielles et apparentes. C'est la soumission au créateur, la croyance en Lui, les bonnes actions, le bon comportement, la justice, la bonté, les invocations, en un mot l'adoration. Et tout cela a des conséquences sur tous les domaines de la vie, non seulement spirituels et psychologiques, mais également matériels. Bien entendu, les causes contraires que sont par exemple la mécréance, l'injustice, l'avarice, le désordre, les passions, l'orgueil… produisent les conséquences contraires. La nourriture cause la disparition de la faim comme une bonté de la part d'Allâh, et une nourriture en petite quantité peut suffire par la grâce d'Allâh. Et il est connu dans notre religion qu'il y a un lien entre les épreuves comme les tremblements de terre et les péchés. Ceux qui adoptent cette conception reconnaissent les causes apparentes et cherchent à les provoquer, évidemment, mais c'est la volonté d'Allâh qui explique tout, et c'est la satisfaction d'Allâh qui protège des vrais malheurs.
En conséquence, si l’on s'attache à provoquer les causes de la satisfaction du Créateur, le monde ira mieux et la vie sera plus belle. Allâh nous facilitera les choses, que ce soit par l'intermédiaire des causes naturelles matérielles habituelles ou au contraire en rompant l'ordre naturel des choses, comme Il l'a fait très souvent, par exemple avec les miracles de Ses prophètes. Et cela est facile pour Allâh.
Mais celui qui voudra provoquer les causes inverses, celles de la colère d’Allâh et ne voudra s'appuyer que sur les causes naturelles matérielles et perceptibles quoi qu'il ait à faire pour y parvenir, le monde et ses éléments se ligueront contre lui, et les causes n'auront plus les conséquences attendues – on l'a vu et on le voit encore aujourd'hui, quand Allâh donne la victoire à Ses soldats, peu nombreux et mal armés contre des spécialistes de la guerre – et il ne sera jamais heureux, ni sur Terre, ni dans l'Au-delà. C'est une perte atroce pour lui, et cela est tout aussi facile pour Allâh.
En conclusion, le Dajjâl viendra parmi les hommes pour les tromper sur les causes des situations et des évènements, modifier leur perception et leurs croyances. Il leur dissimulera la vérité sous des apparences concrètes trompeuses. Il cherchera à les convaincre que le chemin le plus sûr pour le bonheur et la félicité est de dominer et maîtriser les causes matérielles et qu'il n'existe rien d'autre que ce que l'on voit, que les choses sont comme on les perçoit par nos sens, pas autrement. Tous ceux qui appellent à abandonner la religion d'Allâh et qui luttent contre elle et contre les croyants partout dans le monde et à toutes les époques utilisent ces stratégies à des degrés moindres avec un pouvoir maléfique moins abouti.
Or, contre tous ceux-là et leurs ambiguïtés néfastes et retorses, la sourate Al-Kahf est tout entière dédiée à
l'affrontement entre le matérialisme et l'îmâne, entre l'apparent et l'invisible c'est-à-dire entre ces deux conceptions dont nous venons de parler. Deux conceptions, deux dogmes, deux
psychologies, deux philosophies de vie. La lutte entre la foi dans le matériel et la foi dans l'invisible et en Allâh. Et cette sourate dévoile et explique tout ce que ces deux conceptions
impliquent en termes de certitudes, d'actions, de comportement, de moralité, ainsi que leur résultat réel pour le bien-être de l'être humain. Elle met en garde enfin contre le fait de s'appuyer
uniquement sur les causes naturelles matérielles, le perceptible, l'apparent et de renier l'invisible, et Allâh, ainsi que Sa responsabilité exclusive sur tout ce qui est.
* C'est un livre d'observations et d'analyses sur la sourate Al-Kahf et sa nature protectrice, par la grâce d'Allâh, contre les épreuves de la fin des temps, intitulé : As-Sirâ'u bayna-l-îmâni wal mâddiyyah : Ta-ammulâte fî sûrat-il-Kahf, L'Affrontement entre l'îmâne et le matérialisme : observations sur la sourate Al-Kahf.
Bientôt, in châ Allâh, un site et un nouveau blog à :